DROITS DE DOUANE TRUMP: UN AN APRÈS LA «LIBERATION DAY», LE BILAN ÉCONOMIQUE EST AMER

Un an après la « Liberation Day » du 2 avril 2025, les États-Unis dressent un bilan mitigé, voire décevant, de la politique commerciale la plus radicale depuis des décennies. La Cour suprême américaine a porté un coup majeur à l’arsenal tarifaire de Donald Trump en février 2026, en jugeant inconstitutionnels à 6 voix contre 3 les droits de douane imposés au titre de la loi d’urgence économique internationale (IEEPA). Trump, qui a qualifié la décision de « honte », a immédiatement réagi en promulguant de nouveaux droits de 10 % à 15 % sur l’ensemble des importations mondiales, s’exposant à de nouvelles batailles juridiques. Les douanes américaines travaillent désormais sur un plan de remboursement d’environ 166 milliards de dollars de taxes perçues illégalement.

Sur le plan économique, les promesses présidentielles ne se sont pas matérialisées. L’inflation s’établit à 2,4 % en février, légèrement supérieure au niveau d’avril 2025, et la Réserve fédérale avertit qu’elle pourrait encore progresser sous l’effet de la guerre en Iran, qui a fait flamber les prix de l’énergie. Les usines américaines employaient 89 000 personnes de moins en février qu’au moment du lancement des tarifs. Les investissements directs étrangers ont également reculé, s’établissant à 288 milliards de dollars en 2025, en dessous de la moyenne décennale. Selon la Tax Foundation, les tarifs ont changé plus de 50 fois en un an, rendant toute planification d’entreprise quasi impossible.

À l’échelle mondiale, les répercussions sont considérables. Des géants comme Volkswagen et General Motors ont dû revoir entièrement leurs modèles industriels. Toyota, Nissan et Honda ont annoncé des plans d’investissement aux États-Unis pour contourner les barrières douanières. L’Union européenne, touchée de plein fouet, tente de négocier un accord commercial transatlantique, mais le vote au Parlement européen reste incertain et âprement contesté. Pendant ce temps, Trump a menacé d’imposer des tarifs de 50 % sur les importations en provenance de pays fournissant des armes à l’Iran, une escalade commerciale supplémentaire qui vise explicitement la Chine et la Russie — malgré les contraintes juridiques imposées par la Cour suprême.