Les Bisontes de retour en Espagne: la renaissance de la mégafaune européenne, symbole d’espoir pour la biodiversité

Une nouvelle pleine d’espoir pour les amoureux de la nature : neuf bisons d’Europe ont été libérés cette semaine dans les hauts plateaux de Guadalajara, dans la province castillane, dans le cadre d’un programme de réintroduction soutenu par l’organisation Rewilding Europe. Ces animaux majestueux, qui constituent le plus grand mammifère terrestre du continent, avaient quasiment disparu de la nature au cours du XXe siècle, avec moins de 60 individus survivants dans des zoos et des parcs privés en 1927.

Grâce à des décennies de travail acharné de conservation, la population de bisons en liberté en Europe dépasse désormais 9 000 individus, une renaissance remarquable qui témoigne de ce que la volonté politique et scientifique peut accomplir en matière de protection de la biodiversité.

Le site choisi en Espagne, dans la région de l’Alcarria, est particulièrement stratégique. Les experts espèrent que les bisons, en pâturant dans ces paysages de garrigues et de forêts méditerranéennes, vont agir comme des ingénieurs des écosystèmes : leurs mouvements, leurs habitudes alimentaires et leurs comportements favorisent la diversité végétale, créent des espaces ouverts qui profitent à de nombreuses autres espèces, et réduisent la biomasse combustible qui alimente les grands incendies de forêt — un fléau croissant dans une Espagne de plus en plus soumise à des épisodes de chaleur extrême.

Les chercheurs vont suivre attentivement l’adaptation des animaux à leur nouvel environnement et mesurer les effets écologiques de leur présence dans les prochaines années.

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de « rewilding » — renaturation — qui gagne du terrain en Europe, de la réintroduction des loups dans les Alpes italiennes à la restauration des prairies humides en Grande-Bretagne. Ces projets ne font pas l’unanimité : ils sont parfois contestés par les éleveurs et les agriculteurs qui craignent pour leurs troupeaux ou leurs cultures.

Mais ils bénéficient d’un soutien croissant parmi le grand public et les scientifiques, qui voient dans la restauration de la biodiversité non seulement un objectif environnemental en soi, mais aussi une réponse aux dérèglements climatiques et une source de services écosystémiques — eau propre, sols fertiles, régulation du climat local — dont les sociétés humaines dépendent en définitive.