Quelques heures à peine après l’annonce du cessez-le-feu américano-iranien, Israël a déclenché une campagne de bombardements massifs sur le Liban, faisant au moins 203 morts et plus d’un millier de blessés selon le ministère libanais de la Santé. Les frappes ont ciblé Beyrouth, la vallée de la Bekaa, le mont Liban et plusieurs villages du sud du pays. Benjamin Netanyahu a simultanément déclaré vouloir ouvrir des négociations directes avec Beyrouth sur le désarmement du Hezbollah et l’établissement de relations pacifiques, tout en affirmant qu’il n’existait « aucun cessez-le-feu en vigueur » au Liban. La contradiction flagrante entre ces déclarations et les bombardements en cours a provoqué une tempête diplomatique internationale.
Le chef du gouvernement libanais a répondu que son pays n’accepterait « aucune négociation sous les bombes », et les autorités de Beyrouth ont indiqué ne pas avoir été officiellement informées d’une éventuelle réunion à Washington entre délégations israelienne et libanaise, pourtant annoncée par des sources diplomatiques américaines. Des officiels libanais ont également confié à la chaîne CNN que ni le ministère des Affaires étrangères ni le palais présidentiel n’avaient reçu la moindre notification formelle de l’invitation de Netanyahu. Cette cacophonie diplomatique illustre la complexité d’un processus de paix où chaque acteur interprète les accords à sa façon.
Les réactions internationales n’ont pas tardé. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a exigé que le Liban soit inclus dans le cessez-le-feu et a réclamé la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Son ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a accusé Israël de violer le droit international et la trêve fraîchement conclue. L’Italie, par la voix du chef de la diplomatie Antonio Tajani, a exprimé sa solidarité avec le président libanais Joseph Aoun face à des attaques qualifiées d’«injustifiées et inacceptables ». La communauté internationale se trouve ainsi confrontée à un dilemme inédit : comment garantir une paix que l’un des principaux belligérants refuse d’appliquer uniformément ?