Le gouvernement de Giorgia Meloni a essuyé en mars 2026 un revers politique significatif lorsque les électeurs italiens ont rejeté son projet de réforme constitutionnelle de la justice lors d’un référendum.
Cette réforme, qui visait à modifier en profondeur l’organisation du système judiciaire et à réduire l’indépendance des magistrats, avait été présentée par la Première ministre comme un gage de modernisation et d’efficacité. Ses opposants, qui comprenaient non seulement la gauche mais aussi une partie de la droite modérée et des associations de magistrats, y voyaient une tentative de museler un pouvoir judiciaire trop souvent encombrant pour l’exécutif et pour certains intérêts politiques proches de la majorité.
Ce vote constitue un signal fort envoyé par la société civile italienne à un gouvernement qui gouverne avec des tendances centralisatrices depuis son arrivée au pouvoir fin 2022. Si Meloni reste solidement installée à la tête du gouvernement grâce à une coalition stable et une opposition morcelée, cette défaite référendaire érode son image d’indestructibilité politique.
Elle survient dans un moment où les Italiens expriment une inquiétude croissante face à l’inflation persistante, à la hausse des prix de l’énergie liée à la crise au Moyen-Orient, et à la décision controversée de prolonger la durée de vie des centrales au charbon du pays pour faire face à la crise énergétique.
À l’échelle européenne, la défaite de Meloni sur ce sujet précis est accueillie avec un certain soulagement par les institutions communautaires, qui avaient exprimé leurs préoccupations sur l’indépendance de la justice italienne. Bruxelles surveille attentivement l’état de l’État de droit dans les pays membres, et la Commission avait émis des réserves sur certains aspects de la réforme proposée.
Cet épisode rappelle que, malgré la montée en puissance des partis nationalistes et populistes à travers l’Europe, les citoyens conservent en dernier recours un pouvoir de résistance démocratique qui peut stopper les ambitions législatives les plus offensives.