L’Union européenne a franchi un cap historique en 2025, selon le dernier rapport annuel sur l’énergie : pour la première fois, les énergies renouvelables ont fourni plus de la moitié de l’électricité produite sur le continent sur l’ensemble de l’année.
Cette performance, tirée par l’essor spectaculaire du photovoltaïque solaire et des parcs éoliens offshore — notamment au Royaume-Uni, au Danemark et en Allemagne — témoigne des investissements massifs réalisés depuis le choc énergétique provoqué par l’invasion russe de l’Ukraine en 2022. La crise au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole et du gaz en 2026 ont encore renforcé la détermination des gouvernements européens à accélérer leur sortie des combustibles fossiles.
Cependant, des fragilités demeurent. L’Europe reste fortement dépendante du gaz naturel liquéfié (GNL) importé, principalement des États-Unis, pour compenser la disparition du gaz russe. La guerre en Iran et le blocage temporaire du détroit d’Ormuz ont rappelé brutalement à quel point cette dépendance représente un point de vulnérabilité stratégique majeur.
Les prix du gaz européen ont bondi de 98 % depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, plongeant plusieurs secteurs industriels — en particulier la chimie, la sidérurgie et la céramique — dans une crise profonde. La Banque centrale européenne a intégré ce facteur dans ses prévisions, anticipant une croissance du PIB de seulement 1,1 % pour la zone euro en 2026.
La solution à long terme passe par un déploiement massif des capacités de stockage par batteries, condition indispensable pour rendre les renouvelables fiables sur l’ensemble du cycle de production. Les investissements dans ce domaine ont sensiblement augmenté en 2025, mais les experts estiment qu’ils restent insuffisants pour atteindre les objectifs fixés par le Pacte vert européen.
La Commission européenne mise sur une nouvelle génération de politiques industrielles, combinant soutien public à la recherche et au développement, simplification des procédures d’autorisation pour les projets renouvelables, et incitations fiscales pour les industriels qui s’engagent dans la décarbonation de leurs processus de production.