Slobodan Milošević de retour en mémoire: commémoration des 30 ans du génocide de Srebrenica et ses leçons pour l’Europe d’aujourd’hui

L’Europe commémore cette année le trentième anniversaire du génocide de Srebrenica, où environ 8 000 hommes et garçons bosniaques furent massacrés en juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie sous le commandement du général Ratko Mladić.

Cette commémoration prend une résonance particulière dans le contexte géopolitique actuel, alors que les tensions entre la Serbie et le Kosovo restent vives, que des dirigeants pro-russes comme Milorad Dodik cherchent à remettre en cause le verdict historique sur ce crime, et que le fils de Donald Trump, Donald Trump Jr., a récemment effectué une visite à Banja Luka en signe de soutien à Dodik, qualifiant l’Union européenne de « bazar ».

Les historiens et les survivants alertent sur les tentatives de révisionnisme qui persistent à trente ans de distance.

En Bosnie-Herzégovine, les blessures du conflit des années 1990 restent ouvertes, et la réconciliation inter-communautaire est encore un chantier inachevé. Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a certes condamné des dizaines de responsables, mais la justice n’a pas suffi à effacer les fractures identitaires ni à construire une mémoire partagée.

La commémoration est l’occasion de rappeler que le génocide s’est produit sur le sol européen, au moment même où l’UE était en train de se construire, et que le silence et l’inaction des démocraties occidentales portent une part de responsabilité dans ce drame.

Les leçons de Srebrenica sont plus que jamais d’actualité dans un continent confronté à la montée des nationalismes, aux discours de haine sur les réseaux sociaux et à des conflits armés à ses frontières immédiates.

Des organisations de défense des droits humains soulignent que le risque de nouveaux crimes de masse n’est pas une abstraite possibilité théorique, mais une réalité documentée dans plusieurs régions du monde, y compris en Europe. L’enjeu est donc autant mémoriel que pratique : il s’agit de préserver les institutions garantes de la paix et de l’État de droit, au moment où elles sont remises en question de l’intérieur par des acteurs politiques populistes qui flirtent avec l’autoritarisme.